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double contrainte

  • Les 12 règles d’or parentales !

    éduquer son enfant,règles,double contrainte,codage croisé,cohérence,cadreVoici quelques pistes pour grandir en tant que parents car nous éduquons nos enfants et eux ils nous élèvent !

     

    1. Gratifier la cohérence et ne pas cautionner l'incohérence. C'est à dire encourager les comportements qui vont bien et relever ceux qui posent problème. Cela veut dire aussi, ne pas fermer les yeux sur ce qui ne va pas pour préserver la relation OU ne pointer QUE ce qui ne va pas !
       
    2. Réhabiliter le droit à l'erreur. Nous apprenons en osant faire et donc en faisant des erreurs. Celles-ci ne sont que des opportunités de rectifier le tir et de continuer à avancer en tirant les enseignements nécessaires.
       
    3. Laisser l'enfant vivre pleinement chaque étape de sa vie d'enfant. Pour prendre une métaphore, ce n'est pas en tirant sur une carotte qu'on la fait grandir plus vite. Je ne confie donc pas de responsabilité à l'enfant au-dessus de son âge, je ne me confie pas à lui (c'est moi l'adulte et lui l'enfant, il n'est pas mon confident). Il a aussi le droit de rêver et de ne RIEN faire car ça le nourrit (tout comme nous d'ailleurs, bien que nous l'ayons oublié).
       
    4. Respecter les rites de passage et les fêter. Nous manquons trop de rites qui marquent un passage entre un avant et un après. Par exemple, la jeune fille qui a ses premières règles est en train de vivre un passage. Cela peut donner l'opportunité de créer un moment priviligié (cadeau, sortie, etc...) entre elle et sa mère ou entre elle et les femmes de sa famille.

    5. Poser un cadre et des limites : les faire respecter et les maintenir en permanence. Evidemment, le cadre et les limites vont évoluer en fonction de l'âge de l'enfant. En revanche, rien n'est plus insécurisant pour l'enfant que l'absence de limites ou un cadre qui change tout le temps de façon aléatoire.

    6. Mettre son enfant face aux conséquences de ses actes.

    7. Fêter les victoires de l'enfant (ne pas le priver de ses victoires). Il s'agit de ne pas minimiser son succès, ni de pointer ce qu'il aurait pu faire mieux ! Ou encore, de ne pas s'attribuer sa réussite (c'est grâce à moi s'il a obtenu 16/20 !)

    8. Ne pas se servir de son enfant pour cautionner nos propres incohérences et stratégies d'évitement. Exemple : c'est à cause de lui si...

    9. Eviter de créer et d'entretenir des messages contradictoires (double-contrainte et codage croisé). Exemples : "si tu m'aimes, restes avec moi au lieu d'aller voir tes amis" (double-contrainte) ou encore "j'aime quand tu es obéissant" (codage croisé = je reconnais quelque chose que mon enfant n'est pas fondamentalement et par conséquent, je ne reconnais pas ce qu'il est).
       
    10. Laisser son enfant découvrir le plaisir en dehors des jupes parentales. Lui aussi a son jardin secret.

    11. Eviter de créer et d'entretenir des secrets de famille (ou les gérer avec responsabiité lorsqu'ils sont inévitables). De toute façon, l'enfant est une grosse éponge. Il capte tout au niveau corporel, émotionnel, non verbal et il sait déjà sans pouvoir nommer précisément.

    12. Exprimer par le geste et la parole l'amour qu'on lui porte. Aimer est un verbe d'action ! Le nourrir et subvenir à ses besoins est nécessaire mais pas suffisant. L'enfant retient les moments de jeu, de lecture, de partage léger passés avec lui. Il n'est pas sensible à ce que nous faisons par DEVOIR.

    A venir, les 12 conseils de la police américaine pour faire de votre enfant un "bon déliquant" !

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  • La double contrainte : si vous aimez, n'aimez pas

    bombe1.pngDouble contrainte, double lien, double entrave, double bind, double injonction, injonction paradoxale… Les expressions sont nombreuses pour qualifier des situations qui nous laissent souvent hagards et les bras ballants.

    Définition

    Issue des travaux de Grégory Bateson (1956) -qui posera les fondements des thérapies familiales et systémiques- la double contrainte désigne 2 messages ou 2 ordres contradictoires. On ne peut satisfaire l’un sans contrevenir au second. Ainsi, quelle que soit la réaction de celui qui les reçoit, il est forcément perdant.

    Pour l’illustrer, on cite souvent l’histoire de cette mère qui offre à son fils 2 cravates, l’une bleue, l’autre rouge. Pour recevoir sa mère quelque temps plus tard, le fils va mettre la cravate rouge ce qui lui vaudra d’entendre « Tu n’aimes pas la cravate bleue ! ». Le week-end suivant, pour lui faire plaisir, il met la cravate bleue et sa mère lui dit « Tu n’aimes donc pas la cravate rouge ! ». Il est donc toujours « perdant »

    La difficulté vient du fait que les messages antinomiques sont sur des plans différents : explicites et/ou implicites, verbaux et/ou non verbaux. Par exemple, un parent dit : « fais moi plaisir en étant brillant à l’école » mais le non verbal (ton, mimiques) indique que si l’enfant le dépasse, il en sera malheureux.

    On distingue la double contrainte de l’injonction paradoxale dans laquelle un seul ordre contient en lui-même sa propre contradiction. Exemple : « soyez spontané ! » car la spontanéité ne se décide pas, « Sois grand, mon petit » ou comme le propose A. Watzlawick « Ignorez ce panneau ».

    Particularités

    1. La double contrainte est opérante lorsque la relation est importante pour nous. Son intensité varie selon le lien affectif qui nous lie. Exemple : la maman dit à son enfant qui est tombé : « mais non tu n’as rien, tu n’as pas mal (car moi qui t’aime je sais ce que tu ressens) ». Il y a 2 messages contradictoires : le ressenti et le discours de la maman.
    2. Par ailleurs, on veut répondre de façon « adaptée » aux messages.
    3. On reçoit 2 messages contradictoires.
    4. On ne peut commenter les messages reçus.

    Effets sur l’individu

    • La double contrainte empêche toute prise de décision adaptée.
    • Elle génère des sentiments diffus de malaise, d’impuissance, de confusion des idées ou des affects. Elle donne le sentiment d’être en faute ou incompétent, d’être de trop ou spectateur de ce que l’on fait.
    • Elle entraîne la perte de confiance dans son ressenti.
    • Elle provoque des impasses relationnelles, un vécu de castration et des situations non gagnantes.
    • Elle peut rendre a-réactionnel (sans réaction).
    • Elle rend la situation « a priori » insoluble, inextricable.
    • Elle pourrait même bloquer l’énergie de vie.

    Lorsque la double contrainte entraîne fréquemment des sanctions (condamné si j’agis et condamné si je n’agis pas), elle conduirait à la psychose. En thérapie familiale, Karine Albernhe note que « la relation de double contrainte ne suppose ni tyran ni victime mais plutôt 2 tyrans-victimes car il est impossible de répondre à une double contrainte sinon par un message aussi paradoxal voire plus ». Par exemple, une mère gronde son enfant tout en lui souriant affectueusement. L’enfant ressentira un malaise qui provoquera une réaction ambiguë qui influera en retour sur celle de sa mère.

    Contexte

    Les messages paradoxaux émaillent notre vie quotidienne, dans tous les contextes (entreprise, couple, famille, groupes…). Il est donc difficile d’y échapper. Selon David Cooper (1978), d’un point de vue psychosociologique, c’est le propre de la Société que de créer des doubles contraintes en proclamant par exemple l’autonomie de l’individu tout en le maintenant dans un carcan. Dans le monde du travail, on en rencontre à foison avec des phrases du type « je veux que vous soyez productifs », mais sans contrepartie (en temps, en moyens ou en rémunération).

    Comment s’en sortir ?

    La capacité à se sortir d’une double contrainte dépend bien évidemment de l’âge et des ressources personnelles pour s’en sortir.

    Selon G. Bateson, la conséquence positive de la double contrainte est d’obliger l’individu à développer une « double perspective créative ».

    En clair, pour s’en sortir, l’individu est invité à :

    1. Repérer la double contrainte, en prendre conscience.
    2. Métacommuniquer et recadrer, autrement dit, communiquer sur la communication en dévoilant les non-dits, en relisant la situation à un niveau différent. Par exemple, communiquer sur l’absurdité d’une demande peut être une façon de la dépasser.
    3. Adopter un comportement différent : oser l’humour, la métaphore, la créativité, la spontanéité, s’impliquer, oser se révéler, oser être qui l’on est, faire différemment plutôt que davantage, etc… C’est une véritable prise de risque identitaire qui encourage à être créatif plutôt que réactif.

    Pour en revenir à l’histoire des cravates, cela pourrait consister à dire « Merci maman, tu viens de m’apprendre à être original car je vais porter désormais 2 cravates » (comme l’évoque Serge Villaverde). Tous les deux, pourraient ainsi rire et prendre du recul par rapport à l’absurdité de la situation.

    Et vous, les doubles contraintes, ça vous parle ?

    Bibliographie

    - « Les thérapies familiales systémiques » Karine Albernhe

    - « Double lien, schizophrénie et croissance. Grégory Bateson à Palo Alto » Jean-Claude Benoit, ERES 2000